Transport Shaker est allé à la rencontre de la startup Padam qui propose une offre intelligente de transport de nuit en minibus partagés. Ce fut l’occasion d’échanger avec ses deux cofondateurs Grégoire Bonnat et Ziad Khoury (tous les deux diplômés de l’École Polytechnique) et avec Charline Balfourier (diplômée de l’EDHEC) qui a rejoint l’entreprise quelques mois après sa création en tant que Directrice Marketing et Communication. L’entreprise a été créée en mai 2014 et compte aujourd’hui 9 salariés. L’application mobile Padam (iOS et Android) a été lancée en mars 2015.

Pourriez-vous nous présenter en quelques mots votre offre ?

Nous proposons des minibus partagés intelligents. Le point de départ étant une flotte de minibus se déplaçant dans la ville. L’utilisateur peut directement réserver son trajet grâce à notre application et notre solution va automatiquement faire dévier le minibus le plus proche pour faire en sorte de le partager entre les utilisateurs allant dans la même direction. Ce qui nous différencie par rapport à des transports en commun traditionnels est le fait qu’il n’y ait pas de trajet fixe. Celui-ci est dessiné de façon dynamique grâce à un algorithme.

Comment vous est venue l’idée de créer Padam ?

Chronologie d'une soirée parisienne

Ziad K. : Pour l’anecdote, nous avons eu la même idée séparément. Pour ma part, j’ai eu l’idée en rentrant par une froide nuit d’hiver après une soirée étudiante. J’ai dû marcher une demie heure à pied pour aller de l’arrêt de bus jusqu’à mon domicile. Je trouvais qu’il était regrettable qu’il n’y ait pas de moyen de transport pour assurer cette liaison surtout que je n’étais pas le seul dans cette situation.

Grégoire B. : Je trouvais pour ma part que les transports en commun n’exploitaient pas encore suffisamment les outils numériques et que grâce à la géolocalisation et la possibilité de réserver par smartphone, il était tout à fait concevable de proposer des minibus intelligents qui s’adapteraient à la demande des clients.

Vous dîtes que votre solution réagit de façon dynamique à la demande, est-ce aussi le cas pour votre modèle de Pricing ?

Notre conviction est que le prix ne doit pas être aléatoire pour le client, et c’est à notre algorithme de faire en sorte d’optimiser les taux de remplissage des minibus. Par ailleurs, nous avons fait le choix de proposer un tarif fixe quel que soit l’heure ou le jour pour un trajet donné.

De quelle façon choisissez-vous vos chauffeurs ?

Points de départs des minibus PADAM

Nous travaillons uniquement avec des chauffeurs professionnels qui possèdent à minima une licence VTC voire une capacité de transport ce qui nous assure un service de qualité. La mutualisation des trajets permet, quant à elle, de proposer des tarifs compétitifs.

Concrètement, comment peut-on commander un trajet Padam ?

Il suffit de télécharger l’application, de créer un compte et il est directement possible de commander un trajet. L’utilisateur a par ailleurs le choix entre enregistrer ou non ses coordonnées bancaires. Il est aussi possible pour les utilisateurs de commander un trajet en utilisant notre site internet même si l’application mobile offre plus de possibilités et de services.

Est-il possible pour vos minibus de faire de la maraude ?

Cette possibilité n’existe pas principalement pour des raisons légales (la maraude étant réservée aux chauffeurs de taxis). Par ailleurs, notre algorithme ne peut pas fonctionner correctement s’il ne reçoit pas en entrée les réservations. Ces dernières lui permettent de tracer dynamiquement un trajet optimal.

Quels sont vos objectifs de croissance et vos perspectives de développement ?

Actuellement, nous explorons plusieurs types d’opportunités. Tout d’abord, des opportunités dans le marché du transport public de voyageurs. Nous pensons qu’il existe un réel besoin concernant des zones semi-urbaines ou plus généralement des zones qui ne sont pas assez denses pour  justifier des grandes lignes de transports. Dans ces zones, il y a souvent quelques lignes de transports qui sont structurantes, mais une majorité de lignes qui fonctionnent avec des taux de remplissage très faibles. In fine, notre solution permettrait de réaliser des économies en se substituant à ces lignes peu fréquentées. Par ailleurs, notre offre présente aussi un intérêt écologique car elle pourra aussi se substituer à l’usage des voitures.

Un autre marché qui nous intéresse est celui des grandes gares TGV et des aéroports. Souvent, les services proposés consistent en une grande navette qui dessert le centre-ville et des taxis. Nous considérons qu’il est tout à fait possible de proposer un service intermédiaire qui serait moins coûteux que le taxi mais beaucoup plus flexible qu’une grande navette.

Une offre comme la vôtre ne risque-t-elle pas de provoquer une réaction des taxis ?

Les personnes qui prennent le taxi ne sont pas vraiment dans notre cible. En effet, nous visons une clientèle ayant un budget plus limité. Par ailleurs, notre valeur ajoutée est la plateforme et la technologie qui lui est associée. Il est tout à fait envisageable à l’avenir de travailler en partenariat avec des taxis en leur proposant l’utilisation de notre plateforme.

Pensez-vous que vous serez affectés par les évolutions réglementaires actuellement débattues ?

Le débat actuel porte surtout sur le fait que des particuliers n’ayant aucune qualification particulière transportent des voyageurs. Ceci ne nous concerne pas car nous travaillons exclusivement avec des chauffeurs professionnels.

Quels sont vos plus grands enjeux actuellement ?

Nous essayons le plus rapidement possible de mettre en place des pilotes en partenariat avec des opérateurs de transports pour montrer non seulement que notre solution est tout à fait viable mais surtout que c’est une solution d’avenir. Notre objectif principal est donc d’élargir le périmètre de notre offre à de nouveaux territoires et partenaires.

Un autre enjeu majeur pour nous est de développer notre notoriété sur notre marché actuel, celui du BtoC du transport de nuit à Paris. Pour cela, nous nous étions concentrés dans un premier temps sur du Street Marketing très localisé, aux endroits où nous sommes présents. Ce moyen avait aussi pour avantage de nous permettre d’aller directement à la rencontre du client et de mieux cerner ses attentes et ses craintes. Aujourd’hui, nous exploitons l’ensemble des moyens que nous offre le marketing en ligne. Nous nous appuyons sur des médias qui s’intéressent à l’innovation et aux start-ups ou encore des médias plus généralistes. Par ailleurs, nous essayons d’accroître notre visibilité sur les blogs, les réseaux sociaux et nous proposons de la publicité ciblée en ligne.

Comment voyez-vous l’évolution du paysage des transports urbains et notamment la cohabitation de ses différents acteurs ?

Le numérique a déjà bouleversé des pans entiers du marché. Nous pouvons citer les différents sites de covoiturage pour le transport interurbain ou des entreprises telles qu’Uber pour le transport urbain. Nous pensons que les services de transport en commun vont connaître des transformations de même ampleur. Le marché ira ainsi vers des services systématiquement connectés, mutualisés et optimisés. Le smartphone est déjà et sera de plus en plus l’outil qui permettra de designer de nouvelles solutions de transport centrées sur le besoin utilisateur.

Pour finir, avez-vous « un scoop » pour Transport Shaker concernant vos futurs projets ?

Il y a différents thèmes que nous ne pouvons évidemment pas évoquer. Nous pensons néanmoins que nous serons présents dans deux nouvelles régions françaises d’ici la fin de l’année 2015.

Equipe PADAM

Equipe Padam

 

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Pour en savoir plus, le blog Padam pour suivre l’actualité de cette start-up : http://padambus.com/blog/