Nous vous avions présenté il y a quelques mois des projets innovants de nouveaux modes de transports sur de longues distances, avec ET3 permettant de voyager dans des tubes sous vides, ou avec Hyperloop, le projet de l’entrepreneur Elon Musk. Découvrons aujourd’hui un concept qui remet à plat notre vision du transport urbain.

Ce concept : la généralisation de nouveaux systèmes de « Transport Personnel Automatisé », ou PRT (Personal Rapid Transit) pour remplacer la voiture, le métro ou le bus lors des déplacements urbains de voyageurs. Et ces systèmes ont des atouts très attractifs : trajet direct, sans arrêt aux stations intermédiaires, coût très faible et impact environnemental réduit au maximum.

Le concept de Personal Rapid Transit (PRT)

Les PRT sont des moyens de transports collectifs personnels, composés d’un ensemble de cabines sans chauffeur de petite taille, de 2 à 6 personnes, et d’une infrastructure dédiée permettant de créer une voie sur laquelle se déplacent les cabines. Pour le voyageur, le fonctionnement est simple : il se rend à une station et effectue une demande de trajet. La cabine arrive. Le voyageur monte à bord et sélectionne sa destination. Il est alors transporté jusqu’à la destination choisie directement, sans arrêt intermédiaire.

West Virginia University - Morgantown PRT

PRT de Morgantown – West Virginia University

Ces systèmes de PRT ne sont pas une nouveauté et de nombreux projets de PRT ont vu le jour au cours des dernières décennies. Mais seuls deux d’entre eux sont aujourd’hui en exploitation commerciale :

  • le PRT de Morgantown, implanté sur le campus de la West Virginia University en Virginie, a été lancé en 1975. Chaque jour, en moyenne plus de 15 000 personnes, étudiants, enseignants et personnels de l’université l’utilisent pour se déplacer sans contraintes au sein de l’établissement.
  • l’Urban Light Transport (ULTra) de l’aéroport d’Heathrow à Londres qui permet de relier les différents terminaux de l’aéroport et les parkings alentours. Il transporte actuellement plus de 800 passagers par jours sur 3,8 kilomètres. Un projet similaire est en cours de développement à Amritsar en Inde et devrait voir le jour prochainement.

Ces deux projets ont prouvé la performance des PRT avec un taux de disponibilité de plus de 98% et un fonctionnement de jour comme de nuit.

Personal Rapid Transit : des promesses ambitieuses qui font face à de fortes résistances

Malgré les exemples de réussites des PRT, toutes les conditions de développement de ce type de projet ne semblent pas réunies pour lancer à grande échelle le développement de ces systèmes.

Pourtant, il y a 11 ans, en 2004, le rapport du projet européen EDITC (Evaluation and Demonstration of Innovative Transport City), spécialement prévu pour évaluer les impacts des projets de PRT au sein de 5 villes européennes, avait tiré des conclusions très prometteuses et listé les bénéfices espérés :

– Pour les voyageurs : diminution des temps de trajet, accès direct à la destination souhaitée, ouverture continue, etc.

– Pour les villes : forte réduction des coûts, diminution de la pollution, faible impact écologique, désengorgement des transports en communs, diminution des embouteillages, suppression des problèmes de parking, etc.

A la vue de ces nombreux avantages, la question qui se pose est la suivante : pourquoi les villes n’ont-elles pas investi pour développer de tels projets de PRT au cours de ces 10 dernières années ? Une des réponses se trouve elle aussi dans le rapport EDITC : une forte résistance politique liée au caractère très novateur de ce type de projet. Aucune ville n’a osé sauter le pas et risquer d’engager des budgets importants dans un système qui n’a jamais été déployé à l’échelle d’une agglomération.

Mais au-delà des difficultés politiques, les réticences initiales des collectivités locales et territoriales ont été renforcées par de multiples échecs de précédents projets de PRT. Et ces échecs ont de nombreuses causes : surcoûts en fin de projets, lois et régulations non adaptées, technologies mal employées, mauvais design ou problème d’ingénierie et de performance.

Enfin, le dernier rapport du Mineta Transportation Institute publié fin 2014 n’aidera pas à convaincre les villes à se lancer sur ce type de projets. En effet, le rapport explique que les systèmes de PRT ne seraient réellement efficaces que sur une zone géographique restreinte Capital Costs(quartier, arrondissement, aéroport, etc.) ou dans les villes de taille moyenne en cours de construction. Pour les grandes agglomérations et les villes anciennes où les infrastructures de transport sont déjà très développées, l’installation d’un système de PRT serait assez difficile et aurait de faibles chances de réussir à se développer. Et ces difficultés seraient renforcées par l’arrivée des voitures autonomes qui promettent des services similaires aux PRT sans contraintes d’utilisation de stations et de voies dédiées.

Une solution pour développer les PRT ?

Pourtant, malgré les nombreux freins et la réticence des collectivités locales, des entreprises innovantes et ambitieuses sont convaincues de l’avenir du PRT. Et elles pensent avoir trouvé la solution aux nombreuses critiques qui s’élèvent généralement contre les PRT : le rail suspendu et la lévitation magnétique ! Rendez-vous au prochain épisode pour découvrir skyTran et JPods, les deux projets de PRT innovants les plus prometteurs.

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