« La route connectée, c’est pour demain », déclarait en février 2014 Frédéric Cuviller, alors ministre en charge des transports. En effet, ces dernières années, des avancées technologiques dans les domaines de l’énergie, des nano-technologies ou encore du big-data ouvrent la voie à de belles opportunités pour penser les routes de demain. Tour d’horizon des innovations et des perspectives pour ces infrastructures d’avenir…

Des routes intelligentes

L’année dernière, les Pays-Bas inauguraient près de Oss le premier tronçon d’autoroute dite « intelligente » en Europe avec le projet « Glowing Lines », pensé par le designer Daan Roosegaarde. Le principe est simple : le bitume absorbe la lumière du soleil en journée et la restitue la nuit. Les bandes blanches s’illuminent alors, permettant une meilleure visibilité sans avoir à recourir à des lampadaires. D’autres applications sont possibles selon le designer, pour signaler des travaux ou des intempéries, par exemple des flocons géants qui apparaissent sur la chaussée en cas de chute de neige (voir la vidéo ci-dessous).

Ces routes intelligentes seront également capables de réguler le trafic grâce à une interconnexion permanente entre les véhicules, les centres de gestion du trafic et les infrastructures. Grâce à de nombreux capteurs, les routes seront capables de détecter les points de congestion et de rediriger les usagers en transmettant directement l’information aux conducteurs via des véhicules connectés. Cette « automatisation du trafic » permettrait d’accroître considérablement la capacité des routes tout en contribuant à la sécurité routière.

D’autres capteurs insérés dans la chaussée pourraient permettre aux routes de s’auto-diagnostiquer, augmentant ainsi la sécurité et la rentabilité des activités de maintenance (aujourd’hui, seules des inspections régulières permettent de détecter des anomalies nécessitant réparation). Dans ce domaine, des défis technologiques de taille sont à relever, en particulier dans la gestion des énormes quantités de données qui seraient alors générées par les routes du futur.

Des routes « eco-friendly »

Ces avancées vont aussi vers des routes plus respectueuses de l’environnement. Des recherches menées par l’Ifsttar (Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux), portent sur l’utilisation de nouveaux matériaux pour leur construction, comme les micro-algues, qui pourraient servir de liant pour le béton, remplaçant ainsi le bitume traditionnel à base d’hydrocarbures fossiles.

Encore mieux, les routes du futur seront génératrices d’énergie. La surface des routes absorbe en effet des quantités énormes d’énergie thermique en journée, énergie qui pourrait être utilisée pour chauffer de l’eau ou des bâtiments. De petites éoliennes pourraient aussi être installées au bord des axes très fréquentés pour profiter des courants d’air générés par le trafic. Plus étonnant encore, ces routes seront capables de recharger les véhicules électriques qui l’empruntent,  grâce à  un système de recharge par induction sur des voies réservées à cet effet (voir vidéo ci-dessous). Des tests concluants ont déjà été réalisés en Europe notamment. Mais encore une fois, la généralisation d’une telle technologie nécessitera de très lourds investissements pour équiper les routes et sera soumise, on peut l’imaginer, à la généralisation des véhicules électriques.

 

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