Dans le précédent éclairage, nous vous parlions de systèmes de Personal Rapid Transit, ces systèmes de transport personnel automatisés composés de petites cabines et permettant de se rendre d’un point A à un point B directement, sans arrêt aux stations intermédiaires. Ces PRT présentent de nombreux avantages, aussi bien pour les voyageurs que pour les villes  mais font face à des réticences politiques et à l’arrivée des voitures autonomes qui remettent en cause leur existence.

 Le PRT par rail suspendu, solution miracle du transport urbain ?

Deux entreprises pensent avoir trouvé une solution innovante pour convaincre les collectivités de lancer des PRT au sein de leurs communes : Skytran et JPods. Leur valeur ajoutée : la mise en place de cabines sur rail suspendu. Au lieu de proposer un rail au sol, difficile à installer dans des espaces urbains saturés, ces deux projets ont proposé la création d’un rail suspendu, plus facile à déployer sur les zones les plus denses, en les installant directement en parallèle des infrastructures déjà existantes, routes ou rails occupant déjà de l’espace.

Les deux entreprises mettent en avant de nombreux avantages vis-à-vis de leur projet : haute capacité de traitement des flux voyageurs, rapidité du trajet, système à la demande, flexibilité des installations et déploiement, coûts très bas par rapport à une ligne de Tramway ou de métro (7 millions d’euros par kilomètre pour un PRT contre 75 millions pour un métro et 20 millions pour une ligne de bus) , sécurité, installation simple, écoresponsabilité grâce notamment à un fonctionnement principal à l’énergie solaire.

Découvrons ensemble ces deux projets annoncés comme révolutionnaires !

SkyTran

SkyTran a été créée en partenariat avec la NASA par Jerry Sander et ambitionne de mettre en place un réseau de cabines se déplaçant sur un rail suspendu qui utiliserait la lévitation magnétique – ou Maglev – pour faire se déplacer les cabines. Cette technologie a déjà été utilisée dans de nombreux trains à sustentation magnétique tels que le Transrapid de Shanghai, le Linimo à Aichi, l’UTM à Daejeon en Corée du Sud ou le JR-Maglev (Chūō-Shinkansen) prévu pour 2027 entre Tokyo et Nagoya. Couplée au déplacement sur un rail suspendu, elle doit permettre de diminuer la résistance au roulement et aux frottements et d’atteindre une plus grande vitesse de déplacement (jusqu’à 240km/h) ainsi qu’une consommation énergétique plus faible.

Et le projet semble plaire : plusieurs villes françaises, dont Bordeaux, Toulouse ou Strasbourg, se sont portées candidates au lancement du projet. C’est finalement Tel Aviv qui a été retenue pour mettre en place le premier réseau skyTran, lequel devrait être en tests dès 2015.

JPods

Le projet JPods est moins connu que son concurrent mais présente un potentiel tout aussi intéressant. Le principe de JPods est similaire au skyTran : développer un réseau de cabines de petite taille se déplaçant sur rail suspendu. Ici, par contre, moins d’innovation technologique. JPods envisage d’utiliser un système de roues et de bogies situés à l’intérieur du rail suspendu pour faire se déplacer ses cabines. Au final, la vitesse promise est plus faible et les gains énergétiques plus limités. Mais, malgré cela, le projet semble tout de même financièrement plus intéressant qu’un système de métro classique.

Le projet JPods est lui aussi en passe de se concrétiser. Plusieurs lettres d’intention ont été signées avec plusieurs villes : dans le New-Jersey, avec 8 km de lignes prévues pour les prochaines années à Secaucus ou en Chine où 30km sont prévus à Anshan et 200km à Liny sans dates encore annoncées.

Des projets de PRT sur rails suspendus destinés à réussir ?

Le concept de PRT sur rail suspendu et les projets skyTran et JPods affichent des promesses ambitieuses de décongestion des villes, d’amélioration de la satisfaction des voyageurs urbains et de diminution de la pollution. Ils proposent même une vraie vision des transports du futur qui s’intègre parfaitement dans les modèles de Smart City actuels. Mais ces projets arriveront-ils à s’imposer ou tomberont-ils en dérision comme de nombreux autres avant eux (Aérotrain, etc.) ? Les conditions politiques et économiques sont-elles enfin réunies pour garantir leur succès ? L’arrivée des voitures autonomes freinera-t-elle leur développement ? La concrétisation prochaine d’un projet à grande échelle sera sans doute la meilleure preuve de réussite …

Rendez-vous donc dans quelques mois, à Tel Aviv et à Secaucus pour voir si les villes et les voyageurs ont été convaincus !