En 2005, Lyon se lançait dans l’aventure des vélos partagés, en proposant à son lancement 2000 vélos répartis sur 175  stations.  10 ans plus tard, c’est désormais 4000 vélos répartis sur 348 stations qui sont accessibles aux 61000 abonnés séduits par ce service. Les niveaux d’utilisation n’ont jamais été aussi élevés : 25000 locations par jour (soit un vélo loué toutes les 2 secondes), avec chaque Vélo’v partagé quotidiennement par plus de 6 personnes ! Retour sur une success story qui s’est depuis largement exportée.

Un modèle exporté dans de nombreux pays…

Le premier système de vélo libre-service informatisé au monde fut instauré en 1998 à Rennes, avec le lancement de Vélo à la carte par Clear Channel.  Entre 1998 et 2005, plusieurs services similaires furent lancés en Europe (Vienne, Cordoue…), mais échouèrent : trop petite échelle, vélos rudimentaires, système de paiement fastidieux.

C’est donc véritablement le déploiement du Vélo’v en 2005, puis du Vélib 2 ans plus tard, qui marquèrent un tournant dans l’exportation des modèles de vélos partagés. Les Etats-Unis, et surtout la Chine (devenue depuis le premier marché des vélos en libre-service) commencèrent à réellement s’y intéresser.

Bike sharing world map

La carte mondiale du vélo partagé, créée par Russel Meddin (fondateur du Bike Sharing Blog, et à l’origine des vélos partagés de Philadelphie), recense ainsi les 873 villes aujourd’hui pourvues de ce type de vélos partagés.

… Malgré des coûts largement sous-estimés

Même si le service est très peu coûteux pour l’usager, celui-ci représente des coûts importants pour les collectivités. Environ la moitié est dépensée pour la régulation, qui consiste à vider les stations pleines et remplir les stations vides. La réparation des vélos vandalisés compte pour un tiers du coût, et le reste finance le fonctionnement.

À Lyon, JCDecaux est responsable des coûts d’exploitation. En échange, il dispose dans la ville des panneaux publicitaires dont il empoche les recettes au détriment de la ville. Les concessionnaires JCDecaux et Clearchannel, leaders du marché des vélos partagés, ont largement reproduit ce modèle dans les villes où ils sont implantés.

Néanmoins, le modèle économique des vélos en libre-service reste à définir puisque les coûts réels sont souvent plus élevés que prévu. À Lyon, le coût réel pour chaque vélo partagé est ainsi d’environ 2000€ par vélo et par an, soit deux fois plus que prévu initialement, faute d’avoir largement sous-estimé le vandalisme et le remplissage inégal des stations.

Les contrats sont donc régulièrement renégociés, et conduisent certaines villes à essayer de rationaliser leurs services de vélos partagés. C’est le cas à Pau et Valence où les municipalités cherchent  à réduire drastiquement les dépenses liées à ces services. Dans le cas contraire, ils seront supprimés purement et simplement, comme par exemple à Aix-en-Provence.

Quelles initiatives pour réinventer le vélo partagé ?

Alors que faire pour réduire le coût des vélos partagés ? Les modèles déployés à Grenoble (Métrovélo) ou à Strasbourg (Vélhop) pourraient devenir un exemple. Chaque vélo peut être emprunté pour une durée comprise entre 1 jour et 1 an, et est sous la responsabilité de son locataire sur cette période (y compris financièrement). Ce dernier doit ensuite le rapporter à son point de départ pour que son état soit vérifié, ce qui réduit les cas de dégradation. Le coût annuel de ces vélos en est fortement réduit : environ 400€.

En 2017, le contrat actuel entre la ville de Lyon et JCDecaux prendra fin et le marché sera soumis à un nouvel appel d’offres : JCDecaux travaille donc déjà sur de nouveaux services. Les vélos en libre-service à assistance électrique pourraient notamment faire leur apparition. Chaque utilisateur pourrait ainsi louer une batterie portative, pour une autonomie théorique de 10km. Ce système permettrait entre-autres de viser de nouveaux utilisateurs : les seniors. Rendez-vous donc en 2017 pour connaître l’avenir du Vélo’v.Satellite